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Interview – Gnamien Konan, candidat à la présidentielle : « A quoi ça sert de se presser pour aller aux élections le 29 novembre ? »
Actualité - par mnpkra le Mardi 3 novembre, 2009 - 11:00 3
Le président de l’Union pour la Côte d’Ivoire(UPCI), candidat à la prochaine élection présidentielle a animé samedi un meeting  à la place de la paix de Bouaké. A l’issue de ce meeting, il s’est ouvert à minutepolitique pour faire le bilan de la vaste tournée qui l’a conduit successivement dans la région des lacs puis dans la vallée du Bandama. Il a aussi parlé de son projet de société et donné son analyse sur le processus de sortie de crise.
Minutepolitique.net : Monsieur le président de l’UPCI, quel bilan peut-on faire de la vaste tournée que vous venez d’effectuer dans le centre du pays ?
Gnamien Konan : J’ai été agréablement surpris par la qualité et l’enthousiasme de l’accueil, par la confiance et le soutien exprimés par les populations au cours de cette tournée. J’ai eu la nette impression qu’il y a longtemps que ces populations attendaient quelqu’un pour prendre leurs problèmes en charge et c’est à moi qu’elles ont confié ces problèmes.
Vous tournez beaucoup dans les localités Baoulé. A quoi cela est-il dû ? Les populations de ces localités sont-elles vos électeurs potentiels ?
Voilà  ! Jusque là j’ai fait campagne dans les communes d’Abidjan et on me disait : « Mais quand est ce que tu vas aller à l’intérieur du pays ? » Maintenant j’y suis. Chaque chose en son temps. J’ai commencé par la région des lacs, à savoir Yamoussoukro, Toumodi, Didiévi et Tiébissou. Aujourd’hui, je suis dans la région de la vallée du Bandama et très bientôt, je serai dans d’autres localités du pays. J’ai déjà des émissaires qui m’ont précédé dans les autres régions. Vous savez que la Côte d’Ivoire sort de la guerre. On ne peut pas aller sans la moindre préparation où on veut. Mais j’irai dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire – autant que me permettra le délai qui nous sépare des élections –  sans aucune discrimination. Nous irons partout. Nous connaissons où se trouve notre potentiel. Mais ce ne sont que des électeurs potentiels. Peut-être que je peux considérer qu’une zone est mon potentiel mais avoir moins de voix  si je n’arrive pas à exploiter des zones autres que mon potentiel. Il n’y aura donc aucune discrimination.
Qu’est-ce que Gnamien Konan propose de nouveau aux Ivoiriens ?
Mon projet est différent des autres projets de gouvernement. Dans mon projet, j’invite les Ivoiriens à apprendre à compter sur eux-mêmes. On ne peut pas avoir un pays aussi riche que la Côte d’Ivoire et continuer de compter sur l’extérieur. Souvent, je dis que les Ivoiriens sont comme des mendiants assis à un carrefour et qui tendent la main alors que le tabouret sur lequel ils sont assis est en or. Nous avons un pays qui est riche. Un pays potentiellement riche et à vocation agricole, où tout pousse. Nous pouvons avoir pour ambition de devenir le grenier de l’Afrique en modernisant notre agriculture. Nous pouvons devenir un pays riche rien que par l’agriculture. En plus, nous avons le pétrole, le manganèse, l’or, le diamant et nous avons la mer. Revenons donc aux valeurs fondamentales et mettons nous au travail. C’est la première originalité de mon projet. La deuxième originalité est la lutte contre la corruption. Je suis le seul aujourd’hui en Côte d’Ivoire réellement fondé pour parler de lutte contre la corruption. D’abord parce que j’ai lutté contre la corruption avec succès à la douane, ensuite parce que j’ai les mains propres contrairement aux autres. Quand on parle de milliards, les milliards peuvent arriver mais tant qu’on n’a pas réglé le problème de détournement de deniers publics, de corruption, ça ne servira à rien. La troisième originalité, c’est l’emploi des jeunes qui constitue le point focal de mon projet de société. Je ne parle pas d’emploi de jeunes pour parler. Nous allons mener beaucoup d’actions dans ce sens. Nous allons restaurer l’école et imposer la méritocratie, c’est-à -dire chaque Ivoirien aura sa place selon ses mérites. Nous allons également réaliser des infrastructures économiques et améliorer le secteur de la santé. Tout ça, pour faire en sorte que tous les Ivoiriens en âge de travailler trouvent du travail et que tous les Ivoiriens en âge de recevoir une formation n’aient pas qu’une formation théorique mais plutôt une formation théorique le matin et une formation professionnelle le soir. Et ça, vous n’en avez jamais entendu parler ; à moins que ce ne soit une pâle copie. Je propose également le droit opposable à l’emploi dont vous n’avez jamais entendu parler. C’es- à -dire tout jeune bachelier qui suit l’orientation à lui indiquer par le gouvernement, s’il a le diplôme de l’enseignement supérieur et si deux ans après il ne trouve pas du travail, il a un droit qu’il oppose au gouvernement pour que le gouvernement lui trouve du travail ou le dédommage. Il s’agit dans ce dernier cas de l’allocation chômage de 100 000 FCFA pour le détenteur du BTS, de 150 000 FCFA pour le détenteur d’une maîtrise et de 200 000 FCFA pour celui qui a le doctorat. Voila donc l’essentiel de mon projet qui présente de grandes originalités et je ne vois pas comment les Ivoiriens pourraient se passer de ce projet. Si la Côte d’Ivoire se passe de ce projet, on sera encore au même stade d’il y a 10 ans.
M. le président, vous disiez lors de la conférence de presse que vous n’êtes pressé pour aller aux élections. Quelle date proposez-vous donc aux Ivoiriens pour la tenue de la présidentielle ?
Je trouve qu’on n’est pas sérieux en Côte d Ivoire. Quand on propose une date ou une échéance, c’est compte tenu du travail qu’on a à faire. Est-ce que vous savez le travail qu’il y a à faire ? Tous ceux qui disent qu’il faut aller aux élections le 29 novembre, est-ce qu’ils savent le travail qu’il y a à faire ? Il faut imprimer le listing électoral, il faut distribuer les cartes d’électeurs, il faut avoir suffisamment d’éléments pour sécuriser le vote. Est-ce qu’on a ça ? Il y a beaucoup de choses à faire, on n’en parle pas et on dit qu’il faut aller forcément aux élections à la date indiquée. C’est pourquoi depuis qu’on montre les dates, on ne les respecte pas parce qu’on ne tient pas compte de la charge de travail qu’il y a à faire. Tous ceux qui fixent une date, il faut qu’en face ils énumèrent la charge de travail restante et qu’ils indiquent les délais pour les exécuter. A quoi ça sert de se presser pour aller aux élections le 29 novembre ?
Qu’est-ce qu’on doit  entendre par «on n’est pas pressés». Dites-nous concrètement quand doivent se tenir les élections ? Dans deux ans, trois ans… ?
Vous posez la question comme un Ivoirien parce que vous ne m’indiquez pas la charge de travail qu’il y a à faire. Si vous me dites : «Il n y a plus rien à faire», je dis allons-y maintenant. Si vous me dites qu’il y a dix choses à faire et que chaque chose prend un mois, alors je dis : ‘’Allons aux élections dans 10 mois.’’ On n’a pas à être pressés. Il faut aller aux élections quand on est prêts. Et ce que je reproche à la CEI et aux institutions rattachées, c’est le fait de travailler dans un bois sacré. On n’est au courant de rien. Elles nous sortent les informations par petites doses. On ne sait pas  ce qu’elles font là bas. Elles ne rendent compte qu’à Gbagbo qui est candidat, c’est pourquoi ça ne marche pas.
Mais pendant tout ce temps, c’est le président Gbagbo qui reste au pouvoir ou alors, vous proposez un autre schéma de gouvernement ?
Quand Gbagbo venait au pouvoir, il a dit qu’il est le plus grand démocrate du monde. Maintenant, il a fait ses dix ans, il n’a même pas à attendre les élections ni se présenter aux élections. La constitution dit que c’est deux mandats et il a déjà fait ses deux mandats.
Minutepolitique (De notre Envoyé spécial)






Comment financerez-vous ce droit opposable à l’emploi vu que la RCI est en voie de non-développement?
Je suis d’avis avec vous quand vous décriez le mode de fonctionnement de la CEI. Ces mandataires de parti politique se comportent comme dans nos forêts sacrés au village. Ils communiquent peu parce qu’ à court d’idées sur le rôle éminent de la CEI dans ce processus fastidieux.
Pour revenir à la campagne, c’est sûr que les ivoiriens voteront moins le programme que l’individu. Je trouve votre programme de gouvernement électronique innovant sauf que le gouvernement est pléthorique avec des secrétaires d’Etat qui viennent gonfler les portefeuilles ministériels déjà pompeux.
En outre, vous traînez une marmite sur laquelle vos adversaires et le plus farouche (GBAGBO) vous auront: votre part de responsabilité dansla gestion des déchets toxiques.
C’est vrai que le 1er Ministre BANNY vous a fait payer en son temps, mais le flou demeure. Aujourd’hui, avec la fièvre qui s’empare des ivoirens dès qu’on parle des milliards toxiques de Trafigura, je constate avec désarroi que le mal est plus profond qu’on ne l’imagine.
De grâce ne parlez pas de nuances entre responsabilité pénale et responsabilité administrative.
N’empêche que je vous sais patriote (loin dêtre alimentaire) et qu’il vous faut lifter votre profil et qui sait….