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Laurent Gbagbo : "Nous ne laisserons pas faire la chienlit"

Actualité - par mnpkra le Lundi 2 novembre, 2009 - 23:34 0

SEM Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’Ivoire // Photo: GettyimagesLes membres du Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs doits (MIDD), conduis par leur premier responsable, Comoé Mesmin, ont envahi hier lundi 2 novembre 2009 l’esplanade du palais de la république. Le syndicat des enseignants du primaire qui organise bientôt son premier congrès à Yamoussoukro a effectué le déplacement pour rendre hommage à Laurent Gbagbo, "pour avoir redonné honneur et dignité" à la corporation qui a subi une décennie de "clochardisation" du fait du raccrochage décidé par Alassane Ouattara en 1990. Une occasion que le chef de l’Etat a saisie pour marquer son indignation face à l’attitude de ses opposants qui ont choisi de s’illustrer depuis quelque temps par un " discours guerrier ".

A l’entendre, la guerre qui a duré près de huit ans par la faute de ses adversaires qui ont refusé de se plier au jeu démocratique a tant fait souffrir les Ivoiriens qu’il importe de tourner plusieurs sa langue dans sa bouche avant de parler. Cela, pour ne pas mettre en péril  le processus de paix et endeuiller inutilement des familles. "On ne s’amuse pas avec la vie de son propre pays. C’est comme un enfant qui, fâché contre sa mère qui ne lui a pas donné la cuisse du poulet qu’il convoitait, allait mettre le feu à la paille qui sert de toiture. Nous attendons les élections qui vont venir dans quelques semaines pour mettre un terme définitif à la crise. Mais certains lancent encore des mots d’ordre guerriers. Jai entendu l’un d’entre eux intimé à ses alliés du RHDP que si le 29 novembre il n’y a pas d’élection, ils devraient retirer leurs ministres du gouvernement", a-t-il pris l’auditoire à témoin, allusion faite à Anaky Kobena, le président du MFA qui a estimé que si les élections n’avaient pas lieu le 29 novembre, Laurent Gbagbo doit partir du pouvoir par la force de la rue.

Pour Laurent Gbagbo, une telle attitude relève de l’irresponsabilité tant elle dénote du manque de patience et de sagesse des leaders du RHDP.  Surtout quand ils menacent de sortir du gouvernement. Réponse du président de la République : "Nous avons terminé la crise et de tels discours sont dangereux en l’état actuel des choses. Ce n’est pas bien. Si des ministres sortent du gouvernement, on a les moyens de les remplacer mais ce n’est pas l’esprit qui nous guide à la fin de cette crise. Nous avons décidé d’être ensemble, de mobiliser toutes les forces, de supporter même les mauvaises manières et les mauvais actes des uns et des autres.  Mais c’est parce que nous voulons aller à la paix. Il faut que chacun soit habité par l’amour de la paix qui s’explique par l’amour du pays".

Au demeurant, prévient le chef suprême des armées, l’Etat usera de tous ses pouvoirs régaliens pour empêcher que le pays retombe dans le chaos par la faute des leaders de l’opposition". Je ne suis pas d’accord et nous ne laisserons pas faire la chienlit mais je préfère que ceux qui ont en tête de créer des situations fâcheuses ne le fasse pas. Notre devoir, c’est de maintenir l’ordre jusqu’aux élections et c’est ce que nous allons faire.  Lorsqu’on a traversé huit ans pour aboutir à des élections et que des opérateurs techniques nous disent d’attendre quelques semaines, qu’est-ce qui urge ?", a martelé le chef de l’Etat.  D’où la mise en garde qu’il faite à l’endroit de ses adversaires qui veulent faire des listes électorales le nœud d’une nouvelle crise qui pourrait emporter avec elle tous les espoirs d’un retour à la normale. Mais et surtout de redécollage de l’économie nationale.

"Je demande à tous les citoyens qui ont une parcelle de responsabilité parce qu’ils dirigent des citoyens dans ce qu’on appelle les partis,  d’être sages, des philosophes au  sens propre du terme. Lancer de tels messages guerriers aujourd’hui, c’est être contre productif, c’est être anti-patriote, anti-national. Nous avons traversé la période la plus difficile et il nous reste maintenant à passer la phase de l’affichage des listes. Que celui qui ne comprend pas aille se renseigner auprès de Beugré Mambé et la CEI", a insisté Laurent Gbagbo.

Pour terminer, il a invité "ceux qui ont  cru qu’ils devaient être tout le temps là, parce qu’ils étaient à côté de l’ancien (ndr : feu le Président Houphouet-Boigny" à comprendre que nous sommes  en  République et éviter les mêmes erreurs qui les ont éloignés du pouvoir d’Etat pendant toute une décennie.

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